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Journal de bord

Le formateur Frédéric Julien, parti un an en Bolivie!

Grâce à un partenariat entre le Wapikoni mobile, Oxfam-Québec et le CEFREC, organisme bolivien de formation audiovisuelle au service des communautés autochtones du pays; nous aurons la chance d’accompagner dix-huit jeunes Aymaras de la région de Copacabana, aux abords du Lac Titicaca, dans un processus intensif de formation à la réalisation audiovisuelle. Le projet a un double objectif: renforcer la capacité d’intervention du CEFREC auprès des jeunes, et ce par le biais du genre documentaire, la force de Wapikoni et, consolider l’estime de soi, l’autonomie, la capacité d’expression et la créativité des jeunes participantEs. Nous comptons atteindre ces objectifs en réalisant des œuvres fortes, à la fois personnelles, originales et branchées sur la réalité des communautés dont elles émergeront, de sorte qu’elles puissent connaître un beau rayonnement. 

Arrivée et accueil – La Paz, 10 janvier 2010 

C’est le 11 décembre dernier que l’aventure « Wapikoni-Bolivie » a débuté pour ma copine Delphine et moi. Notre avion s’est posé en après-midi à El Alto, véritable métropole autochtone du pays, contigüe à La Paz. Altitude : 4 061 m, soit environ 400 m de plus que Lhassa, au Tibet! La descente vers La Paz, au fond d’une profonde vallée aux flancs abrupts, est à couper le souffle! 

Si tôt dissipé notre soroche (nom qu’on donne ici au mal de l’altitude), nous nous sommes mis au travail. Notre mission : coordonner un projet pilote destiné à de jeunes Autochtones boliviens et inspiré de l’expérience wapikonienne. 

Le premier contact avec le terrain a eu lieu le 16 décembre. Accompagnés de trois membres du personnel du CEFREC, nous nous sommes rendus à Copacabana pour y rencontrer les partenaires locaux du projet qui nous ont chaleureusement accueillis. Un premier défi nous y attendait : improviser un discours devant le maire de la petite localité, retransmis en direct depuis la salle du Conseil sur Radio Copacabana, la station autochtone locale! 

Il faut dire que le CEFREC, en plus de coordonner la réalisation de films de fiction, de documentaires et de vidéos éducatives, a mis sur pied un réseau national de stations de radio et de télévision autochtones en plus de former de nombreux techniciens et journalistes pour en produire le contenu. Et toute cette équipe travaille très fort toute l’année puisque, depuis 2002, leurs productions alimentent une émission hebdomadaire d’une heure à la télévision nationale! L’émission Bolivia constituyente plurinacional, avec ses quelque 50 000 téléspectateurs dans tout le pays et jusqu’au Pérou, a eu un grand impact sur la vie des Autochtones de Bolivie. Pour la première fois, ceux-ci, avec leurs différences et leurs préoccupations propres, se voyaient enfin représentés au petit écran de façon positive! 

Tout comme les communautés de Sapecho, Santa Cruz et Trinidad, Copacabana possèdera bientôt sa propre antenne de télévision. D’où l’importance de former une relève dans la région. Ainsi, les jeunes participants au projet, après avoir produit leurs premières œuvres cinématographiques, mettront peut-être dans le futur leur talent et leur créativité au service de la télévision communautaire de leur région… À moins qu’ils ne décident de s’inscrire dans une école de cinéma de la capitale?

C’est ce mercredi, le 12 janvier, que nous connaîtrons enfin l’identité de nos 18 participantEs issus des 33 communautés des environs ; des jeunes femmes et des jeunes hommes que nous souhaitons motivéEs, curieuxSES et engagéEs dans leur communauté. Nous vous les présenterons prochainement!