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Journal de bord

La 1ère école de cinématographie Mapuche termine sa première escale communautaire à Malalhue-Chanko

Mari-mari ! Salutations du lafkenapu (« territoire de l’océan », terre des Mapuche-Lafkenche) ! 

Notre première escale de trois semaines vient tout juste de se terminer et ce n’est pas sans un peu de tristesse. Nous nous sentons privilégiés d’avoir passé ces trois semaines ici, à Malalhue-Chanko. Une communauté où la famille est encore importante et essentielle. Nous commençons à sentir que nous faisons partie de la famille. 

Nous sommes marqués par le sentiment de communauté ici à Malalhue-Chanko. Pendant nos premiers jours ici, nous avons rapidement appris que la communauté entière avait déjà discuté ensemble de leur vision de la cinématographie et de comment la collectivité pourrait profiter au maximum de notre arrivée et de la motivation de leurs jeunes. Nous avons discuté et planifié le projet tous ensemble dans la ruka (maison traditionnelle capuche). Les familles de nos jeunes cinéastes ont joué un rôle important, non seulement en appuyant fortement les jeunes dans leur processus d’apprentissage, mais aussi en contribuant avec des idées et du contenu, en ouvrant leurs rukas pour nos sessions d’enregistrement, et même en prenant la caméra en main pour pratiquer eux-mêmes ! 

Les six jeunes cinéastes nous ont également impressionnés et surpris avec leur percévérance, leur patience et leur capacité d’apprendre rapidement, même à leur jeune âge. Avec notre appui et encouragement, ils ont pris contrôle de l’escale, apprenant à s’organiser, à s’autoévaluer et à travailler en équipe. Finalement, nous avons appris autant d’eux, qu’eux de nous. Même les plus jeunes de la communauté ne peuvent pas contenir leur enthousiasme pour devenir de futurs cinéastes ! 

En bref, notre escale à Malalhue-Chanko nous a montré comment la cinématographie, un outil occidental, peut être appropriée par des personnes qui considèrent la caméra comme une extension moderne des manières traditionnelles de communiquer oralement. Ici, il est normal de regarder des documentaires sur un écran fait de bois et de papier attaché sur le mur de paille d’une ruka, avec un feu ouvert qui chauffe le public. Peut-être que nous avons créé la première salle de cinéma du monde entier installé dans une ruka !? 

Et bien sûr, l’escale n’a pas été seulement du travail ! Nous avons passé un dimanche à la plage tous ensemble et fait des feux de camp. Nous avons peinturé une murale, cueilli des mûres sauvages, joué au baseball et au tennis. Sans oublier nos fameuses leçons de mapuzungun (la langue capuche), qui nous ont fait beaucoup rire, ne seront pas oubliées ! 

L’Escale Malalhue se termine demain soir avec une célébration communautaire, un premier visionnement du court-métrage réalisé par les jeunes, et une émission en direct de Mapuche TV3. Nous nous préparons pour charger notre fiel Blanquito, la petite fourgonnette qui nous amène de communauté à communauté et qui a survécu maints abus sur les chemins ruraux de pierres et de poussière. Nous sommes à la fois tristes de dire peukayal (au revoir) à nos nouveaux amis des familles Rain et Caniullan et pleins de newen (énergie) pour prendre le chemin vers la prochaine étape de notre aventure: Escale Mehuin. Gardez l’antenne ! 

Nous avons beaucoup de quoi remercier la famille Rain, nos hôtes. Vous nous avez invités dans votre monde où on se nourrit des produits de la terre,où on partage la chaleur du feu et où on vie en harmonie avec les animaux, les arbres, les esprits et les uns les autres. Vous nous avez ouvert vos maisons pour ces trois semaines pour qu’on puisse travailler, relaxer, manger, dormir. Ayant vécu avec vous dans vos maisons, nous avons pu mieux comprendre votre rythme de vie et votre relation avec votre territoire. Cela a énormément enrichi l’expérience de la Première école cinématographique Mapuche.