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Journal de bord

L’équipe de formation (Benoit, Andrés, Ariella), depuis la zone côtière de Mehuin

Nos derniers jours en territoire lafkenche! 

Nous concluons déjà la deuxième escale de production de cette première école de cinématographie de Mapuche TV et Wapikoni mobile, après avoir accompagné trois jeunes dans leur première expérience en tant que réalisateurs/trices de court-métrages. 

Les jeunes participants proviennent de trois communautés de la zone côtière de Mehuin, territoire traditionnel des Mapuche Lafkenche, les “gens de la mer”. Pêcheurs, collecteurs de mollusques et aussi agriculteurs et travailleurs indépendants en tourisme rural, la présence de l’océan marque la vie de ces communautés et a ainsi marqué l’expérience de notre escale Mehuin. Les trois communautés participantes de la zone, Mehuin Bajo (notre base d’opérations), Piutril et Villa Nahuel, sont membres du Comité de Defensa del Mar (Comité pour la défense de l’océan), un groupe de communautés qui protestent les plans d’une entreprise de pâte et papier, qui veut construire une conduite jusqu’à la baie de Mehuin, où elle déchargerait les effluents industriels provenant de son usine. Les courts métrages réalisés par Tito, Erick et Rosa dénoncent la menace de l’industrie forestière à la vie traditionnelle de leurs communautés et de leur territoire. 

Durant l’escale, nous avons pu connaître trois réalités distinctes des trois lofs (communautés mapuche) participants, à travers les scénarios intéressants développés par les cinéastes apprentis. Nous avons été témoins du premier avion à survoler la communauté de Piutril et on s’imaginait la peur de l’ancien, en ce temps jeune enfant, quand il a vu ce monstre dans le ciel. Nos pieds ont senti le danger de récolter les aliments de la mer, entre rochers et énormes vagues du Pacifique, ce jour que nous avons passé avec Chinchorro, un collecteur de mollusques lafkenche qui a partagé avec nous son quotidien. Nous avons senti l’incertitude qui affecte la communauté Villa Nahuel quand l’industrie forestière menace les piliers de la vie et de l’autonomie locale : l’eau et les forêts qui permettent aux membres de la communauté de s’alimenter et de se projeter au futur. 

Notre expérience en tant que formateurs et coordinateurs de l’escale Mehuin a beaucoup enrichi notre sensibilité par rapport aux différentes manières de vivre du peuple mapuche et aux menaces très réelles qui confrontent ces façons de vivre. Nous espérons pouvoir continuer à développer les énormes talents que nous avons découverts à Mehuin.