Partager sur

Journal de bord

L’équipe de formation, depuis le lof Puyehue (Panguipulli) - Journal de bord

// Mé

Troisième et dernière escale Notre première école de cinématographie de Mapuche se termine là où elle a commencé: dans le bâtiment de l’ancienne école rurale du lof Puyehue, qui fut notre espace de formation et de recréation pour les jeunes réalisateurs de la communauté. Après des semaines de travail intensif avec les réalisateurs apprentis Miguel et Magnil, la communauté Puyehue a maintenant son premier court métrage: l’histoire de l’école rurale de la communauté. 

Et c’était une aventure! 

Nous sommes retournés à la communauté lors des premiers jours d’automne, ce qui est synonyme de froid, de pluie et de gel. Même si nous sommes arrivés équipés pour affronter de telles conditions, les ñgen (esprits), à qui nous avons demandé permission d’avancer dans notre travail, nous ont reçu avec un soleil d’été. Avec tout leur enthousiasme de se lancer dans leur projet de court métrage, les deux jeunes réalisateurs ont enregistré la majorité de leurs images dans les trois premiers jours de l’escale. Et tant mieux… 

Puisque les trois jours de soleil ont été suivis par trois jours de pluie et de longues conversations à lumière de bougie, dû à une forte tempête de vent et de pluie. La tempête nous a laissés sans électricité pour 24 heures et donc sans eau potable puisque la pompe d’eau de la communauté fonctionne elle aussi à électricité. Cependant, nous avons gardé la bonne humeur! Nous avons bu et cuisiné avec l’eau de pluie et les jeunes ont exploré les possibilités de développement de leur scénario, étant donné les changements au tournage causés par la météo peu coopérative. Chaque fois que la pluie a ralenti, les apprentis réalisateurs courraient dehors pour prendre connaissance du bâtiment de l’école dans ses détails, afin de mieux scénariser leur documentaire. 

Finalement, le soleil est sorti. Dès que l’électricité fut de retour, les jeunes se sont assis devant l’écran pour commencer le montage de leur oeuvre. Motivés, ils ont travaillé avec notre formateur souvent jusqu’aux premières heures du matin. 

Le résultat de l’effort créatif des jeunes et du directeur de Mapuche TV et coordinateur local de l’escale, Guido Huaiquil, est inédit: un documentaire, scénarisé et produit dans la communauté elle-même et par deux de ses jeunes, sur un thème important pour toute la communauté : la fermeture de sa seule école publique.