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Journal de bord

Journal de bord - semaine 1

Journal de bord - semaine 1 

La première semaine de l’escale du Wapikoni à Timiskaming a démarré sur les chapeaux de roues (de pickup)! Il y a un très bel enthousiasme dans la communauté - qui en est à sa première expérience avec le Wapi – et nous avons déjà 8 projets de films bien démarrés. Entre autres, nous sommes allés dans le «bush»  avec Karl Chevrier (réalisateur) et son fils Ryan (caméra, montage) pour faire la récolte de thuya et d’écorce de bouleau pour son film sur la confection d’un canot d’écorce, fait à 100% selon les méthodes traditionnelles - même pour l’étanchéité, obtenue grâce à un mélange de résine et de graisse d’ours ! Et justement, c’est à la chasse à l’ours que nous nous sommes lancés ensuite, pour le film de Trent Stanger et de son oncle Brent sur l’art de la chasse à l’arc. Bien plus qu’un film de chasse, cette œuvre montre l’importance de se rapprocher de la nature, tout en révélant la merveilleuse complicité entre Trent et son oncle, sans oublier sa sœur Melina, qui s’est initiée à la caméra et à la prise de son. Par ailleurs, nous avons eu la visite d’un garçon métis, Seth Chevrier, 10 ans, qui voulait faire un film sur le thème de la réconciliation.  Armé de son «storyboard» , il nous a convaincu du sérieux de son initiative et ne cesse depuis de nous surprendre ! Ses 4 frères et demi-frères, son père et sa belle-mère ont tous participé au film, en tant qu’acteurs ou au montage. Une belle œuvre de fiction, sorte de «coming of age story» pour ce garçon à l’avenir prometteur. Côté musical, nous avons enregistré une pièce d’un virtuose du «beatbox», Sheldon Côté, et du même coup filmé les prouesses de ses amis Cole et Bonzie en planche à roulettes. Nous avons aussi reçu la visite de Bryan Chief, adepte de l’insolite QChord. Ce qui devait être une simple performance musicale s’est rapidement transformé en un entretien poignant avec ce brave homme, paralysé des jambes depuis un terrible accident de voiture. Son témoignage était trop important pour qu’on n’en fasse pas un film ! Sa spiritualité, son courage et sa profonde humanité sauront certainement inspirer sa communauté. D’autres tournages auront lieu cette semaine, mais on peut déjà affirmer que la réserve Timiskaming regorge de talent et a un réel besoin de s’exprimer. Après la dure année que cette communauté a vécu, nous osons croire que cette première escale du Wapikoni contribuera à son cheminement vers un avenir plus serein.