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Nouvelle

Lettre aux participants du Wapikoni mobile

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Chers coordonnateurs du Wapikoni mobile,  chers participants, cinéastes et musiciens, chers collaborateurs des Premières Nations,

Je vous écris cette lettre avec beaucoup d’émotion, vous qui constituez la raison d’être du Wapikoni mobile, vous qui occupez une place spéciale dans mon cœur. À moins d’un miracle, les studios ambulants du Wapikoni mobile ne rouleront pas vers vous cette année et ça me fait de la peine. Le ministère des Ressources Humaines et du développement des compétences en a décidé autrement.  Pourtant, plusieurs des représentants de ce ministère ont visité vos communautés au fil des ans, évaluant nos résultats, vous interrogeant et assistant aux projections de vos films. Ils connaissent les communautés, ils connaissent notre travail –qui inclut aussi le vôtre. Chaque fois, convaincus, ils ont recommandé à leur ministère la continuité du financement des activités du Wapikoni mobile.

Malheureusement cette année, malgré la recommandation renouvelée de la part de cette équipe, leurs supérieurs au niveau fédéral ont décidé de couper le financement du Wapikoni mobile mettant ainsi un terme aux activités des roulottes dans la plupart des communautés desservies par nos (vos) studios ambulants.

 

Nous sommes maintenant à la mi-juillet. Le calendrier des douze escales habituelles est encore accroché à mon mur. Je sais que vous nous attendez. Je sais que certains d’entre vous ont des idées de films et de musiques en tête, qu’ils auraient réalisés au prix de beaucoup d’efforts, de courage et d’acharnement avec comme récompenses l’émotion, la satisfaction et la fierté du travail bien fait. Je connais le grand talent de plusieurs d’entre vous. Je sais aussi que votre vie n’est pas toujours facile et que le passage du Wapikoni l’allège parfois un peu.

Je vous écris ce mot pour vous dire que l’équipe du Wapikoni ne vous oublie pas. On travaille fort à sauver vos escales. Déjà, certaines communautés qui en ont la capacité financière ont manifesté le désir d’aider le Wapikoni mobile à poursuivre ses activités dans leur communauté. Ça me touche beaucoup. On sait aussi que des partenaires de certains ministères, au fédéral comme au provincial, sont des alliés indéfectibles du Wapikoni mobile et cherchent avec nous des solutions pour assurer la pérennité du projet.

 

Nous n’avons pas encore reçu la lettre officielle de refus de la part de madame la ministre Finley, il ne serait pas encore trop tard pour renverser la décision de ses fonctionnaires. Nous avons communiqué avec son bureau afin de la rencontrer et de s’entretenir avec elle. De plus, Eva Ottawa, grand chef de la Nation Atikamekw, membre fondateur du Wapikoni mobile, a contacté le ministre des affaires autochtones, John Duncan, pour solliciter son appui. Les ministres québécois Denis Lebel et Christian Paradis ont aussi été sollicités. Tout espoir n’est donc pas perdu.

 

De jeunes cinéastes non autochtones ont roulé vers vous depuis quelques années et ont découvert votre univers. Vous avez découvert aussi le leur. Des amitiés se sont créées. Les quelque 450 films et musiques que vous avez réalisés au fil des ans sont la manifestation concrète de la complicité qui existe maintenant entre vous, la preuve que la rencontre peut avoir lieu et qu’elle aura encore lieu. On ne vous laisse pas tomber. Le Wapikoni mobile roulera encore vers vous, avec une belle roulotte toute neuve. En attendant, vos films se promènent dans le monde et représentent les Premières Nations du Québec. Vous avez de quoi être fiers : vous avez contribué à la création d’un patrimoine culturel unique au monde, infiniment précieux, et qui passera sans doute à l’histoire. Ne lâchez pas, le monde a besoin de vous entendre.

 

Avec toute mon affection.

 

Manon

COMMENTER  L'ARTICLE DANS LE DEVOIR --------------------------------- Dear Wapikoni mobile coordinators, participants, filmmakers, musicians, and dear First Nations’ collaborators,   It is with a lot of emotion that I am writing this letter. To you, who are at the core of the Wapikoni mobile and hold a very special place in my heart. Unless nothing short of a miracle happens, it is with great sorrow that I am announcing that the travelling studios of Wapikoni mobile might not be travelling toward your community this summer. The Ministry of Human Resources and Skills Development Canada has decided otherwise. Yet, over the years, many of its representatives have visited your communities, evaluating our results, asking you questions and attending your screenings. They know your communitys,  they understand  our action and the work you are doing. Time and again, they have recommended to the ministry to reconduct the financing of the Wapikoni mobile’s activities.   Unfortunately this year, despite the renewed support of these representatives, their bosses at the Federal Department have decided to end the financing of Wapikoni mobile, thus putting an end to our activity and  a halt to our trailers’ visits. It is mid-July. I stare at the calendar on my wall that shows the usual twelve stopovers. I know you are waiting, for us.  I know that some of you might already have had in mind the movie or music that they would have produced with all their heart, talent and efforts. With it would have come the reward and pride of a job well done.  I have seen the tremendous talent that you have.  I also know how Wapikoni’s stopovers can bring some relief to your lives that are not always easy. I am writing to you to let you know that the Wapikoni team has not forgotten you. We are working hard at keeping our stopovers intact. A few communities who have the financial means have already expressed their desire in keeping Wapikoni’s activities afloat. I am extremely moved by this. Some of our associates in both Federal and Provincial Governments are loyal allies who are working around the clock to find solutions to ensure Wapikoni’s sustainability.   An official refusal letter has not been received, so perhaps it is not too late to reconsider the decision made by Minister Finley’s representatives. We have been in contact with her office in order to try to meet and discuss with her. Furthermore, Eva Ottawa, Grand Chief of the Atikamekw Nation and founding member of Wapikoni mobile, has also contacted John Duncan, Minister of Aboriginal Affairs, for support. Also, both Minister Dennis Lebel and Christian Paradis from Québec’s Government have been contacted. All hope is not lost.   For a while now, young filmmakers and mentors have been coming your way, sharing experiences. Friendships were sealed. Over 450 works created, whether in movie or music, are the fruit of this partnership and the proof this exchange works and can continue to be so. We are not leaving you hanging; Wapikoni will come to visit you in a brand new trailer. In the mean time, your movies are shown and continue to be great ambassadors of Québec’s First Nations. You should be proud: you have contributed to a cultural inheritance, unique and infinitely precious that is part of our history. You must keep going because we need you.   Warm regards,   Manon