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Nouvelle

Melissa Mollen Dupuis reçoit le prix Ambassadeur de la conscience 2017 d'Amnistie internationale

// Wapikoni


Les 26 et 27 mai 2017,
Amnistie internationale, le Comité National Arménien du Québec, l’Institut Montréalais d’études sur le génocide et les droits de la personne de l'Université Concordia et le Centre Raoul Wallenberg organisaient un événement sans précédent qui faisait de Montréal un lieu de rencontre pour parler des questions de droits humains et plus particulièrement du rôle joué par Montréal dans la promotion des droits de la personne.

Le Wapikoni s’est entretenu avec sa présidente, Melissa Mollen Dupuis, récipiendaire du prix Ambassadeur de la conscience 2017 d'Amnistie internationale, qui prenait part  à un panel au côté de Manon Barbeau, Ghislain Picard et Widia Larivière, sur le thème « Les droits de la personne commencent chez nous : la route vers la réconciliation. »

Melissa, quels points ont été abordés durant cette discussion?

Tout d’abord, je dois souligner que sur ce panel, nous nous connaissions tous, puisque nous travaillons ensemble depuis des années et que nous sommes impliqués dans la cause autochtone au Québec dans différents milieux : politique, organisationnel et engagement citoyen. Comme quoi, le thème de la réconciliation peut être vu et traité à bien des niveaux, tout comme plusieurs questions autochtones d’ailleurs, et c’était très enrichissant d’avoir le temps d’échanger nos points de vue à ce sujet. Je me dis que plusieurs de nos besoins pourraient être abordés de cette manière.

L’un des points qui m’a particulièrement tenu à cœur durant ce panel a été celui sur le besoin de multiplier les voix. Trop longtemps on a donné la parole aux mêmes personnes. Il faut « bâtir » les jeunes qui vont parler pour les autochtones. Il faut aussi bâtir le territoire, car sans lui, il n’y a pas de droits humains. Les enjeux environnementaux concernent directement la population canadienne. Or, on dirait qu’Autochtones et Canadiens ne sont pas encore au même niveau. Les communautés éloignées, qui sont aussi les plus pauvres, sont les plus touchées par ces enjeux environnementaux qui affectent le droit à la sécurité alimentaire avec les difficultés d’accès à l’eau potable, ou encore avec la disparition des territoires traditionnels avec la fonte du pergélisol ou encore dans les cas d’extractions, comme on le voit avec les sables bitumineux. Quand tu es sur la ligne de front, tu vois ce qui s’en vient pour le reste de la population… Comme ce sont les populations les plus pauvres qui sont touchées en premier, on dirait que les sociétés plus riches n’ont pas conscience de ce problème.

Qu’est-ce que tu voudrais dire aux multiplicateurs de voix dont tu parlais plus tôt?

Quand tu es jeune, tu as l’impression que tu n’as aucun pouvoir. Il ne faut pas croire que l’idéologie d’une personne ne peut pas faire bouger le monde. Avec les réseaux sociaux, tu peux entrer en contact avec une personne qui partage ta vision et qui vit les mêmes enjeux que toi dans sa communauté. On n’est jamais vraiment seul, il ne faut pas croire qu’on est impuissant en tant qu’individu. Si ton idée est bonne elle va fonctionner, surtout si tu ne l’abandonnes pas et que tu ne te laisses pas décourager par la longue marche devant toi. C’est le premier pas le plus difficile. Tu peux rester surpris par le nombre de personnes qui se joignent à toi.

Tu as reçu un prix extrêmement important, le Prix Ambassadeurs de la conscience, remis par Amnistie internationale… Félicitations!

Oui, c’est le prix de droits humains le plus prestigieux d’Amnistie internationale et ça fait tout un effet de retrouver ton nom auprès de personnes comme Nelson Mandela, Bono ou Malala Yousafzai…

En fait, c’est le mouvement des droits autochtones du Canada qui a été récompensé cette année, aux côtés de la musicienne et militante, Alicia Keys. Ce prix revient à chacune des personnes ayant marché avec Idle No More. C’est une distinction super encourageante aussi. J’étais vraiment contente. Une petite tape dans le dos pour tout le bénévolat! Un prix de cette ampleur confirme que je suis au bon endroit et qu’il ne faut pas lâcher… Ça confirme aussi que je consacre mon temps libre à la bonne cause!